Rechercher dans ce blog

mardi 17 janvier 2012

Oral du bac de français sur Voltaire : Relation de la maladie, de la confession, de la mort et de l'apparition de jésuites de Voltaire. Etude et oral pour réussir l'oral de l'examen


Voltaire, le conte philosophique






Deuxième partie de l'entretien : Relation de la maladie, de la confession, de la mort et de l'apparition de Jésuites de Voltaire




Entretien de 34 questions avec réponses en commentaire de  prépabac à télécharger

Lecture du texte :

Ce fut le 12 octobre 1759 que frère Berthier(35) alla, pour son malheur, de Paris à Versailles avec frère Coutu, qui l’accompagne ordinairement. Berthier avait mis dans la voiture quelques exemplaires du Journal de Trévoux(36),pour les présenter à ses protecteurs et protectrices; comme à la femme de chambre de madame la nourrice, à un officier de bouche, à un des garçons apothicaires du roi, et à plusieurs autres seigneurs qui font cas des talents. Berthier sentit en chemin quelques nausées; sa tête s’appesantit: il eut de fréquents bâillements. « Je ne sais ce que j’ai, dit-il à Coutu, je n’ai jamais tant bâillé. — Mon révérend père, répondit frère Coutu, ce n’est qu’un rendu. — Comment! que voulez-vous dire avec votre rendu? dit frère Berthier. — C’est, dit frère Coutu, que je bâille aussi, et je ne sais pourquoi, car je n’ai rien lu de la journée, et vous ne m’avez point parlé depuis que je suis en route avec vous. » Frère Coutu, en disant ces mots, bâilla plus que jamais. Berthier répliqua par des bâillements qui ne finissaient point. Le cocher se retourna, et les voyant ainsi bâiller, se mit à bâiller aussi; le mal gagna tous les passants: on bâilla dans toutes les maisons voisines. Tant la seule présence d’un savant a quelquefois d’influence sur les hommes!
Cependant une petite sueur froide s’empara de Berthier. « Je ne sais ce que j’ai, dit-il, je me sens à la glace. — Je le crois bien, dit le frère compagnon. — Comment, vous le croyez bien! dit Berthier; qu’entendez-vous par là? — C’est que je suis gelé aussi, dit Coutu. — Je m’endors, dit Berthier. — Je n’en suis pas surpris, dit l’autre. — Pourquoi cela? dit Berthier. — C’est que je m’endors aussi », dit le compagnon. Les voilà saisis tous deux d’une affection soporifique et léthargique, et en cet état ils s’arrêtèrent devant la porte des coches(37) de Versailles. Le cocher, en leur ouvrant la portière, voulut les tirer de ce profond sommeil; il n’en put venir à bout: on appela du secours. Le compagnon, qui était plus robuste que frère Berthier, donna enfin quelques signes de vie; mais Berthier était plus froid que jamais. Quelques médecins de la cour, qui revenaient de dîner, passèrent auprès de la chaise; on les pria de donner un coup d’oeil au malade: l’un d’eux, lui ayant tâté le pouls, s’en alla en disant qu’il ne se mêlait plus de médecine depuis qu’il était à la cour. Un autre, l’ayant considéré plus attentivement, déclara que le mal venait de la vésicule du fiel, qui était toujours trop pleine; un troisième assura que le tout provenait de la cervelle, qui était trop vide.
Pendant qu’ils raisonnaient, le patient empirait, les convulsions commençaient à donner des signes funestes, et déjà les trois doigts dont on tient la plume étaient tout retirés, lorsqu’un médecin principal, qui avait étudié sous Mead(3 et sous Boerhaave(39), et qui en savait plus que les autres, ouvrit la bouche de Berthier avec un biberon, et, ayant attentivement réfléchi sur l’odeur qui s’en exhalait, prononça qu’il était empoisonné.
A ce mot tout le monde se récria. « Oui, messieurs, continua-t-il, il est empoisonné; il n’y a qu’à tâter sa peau, pour voir que les exhalaisons d’un poison froid se sont insinuées par les pores; et je maintiens que ce poison est pire qu’un mélange de ciguë, d’ellébore noire, d’opium, de solanum, et de jusquiame. Cocher, n’auriez-vous point mis dans votre voiture quelque paquet pour nos apothicaires? — Non, monsieur, répondit le cocher; voilà l’unique ballot que j’y ai placé par ordre du révérend père. » Alors il fouilla dans le coffre, et en tira deux douzaines d’exemplaires du Journal de Trévoux. « Eh bien, messieurs, avais-je tort? » dit ce grand médecin.
Tous les assistants admirèrent sa prodigieuse sagacité; chacun reconnut l’origine du mal: on brûla sur-le-champ sons le nez du patient le paquet pernicieux, et les particules pesantes s’étant atténuées par l’action du feu, Berthier fut un peu soulagé; mais comme le mal avait fait de grands progrès, et que la tête était attaquée, le danger subsistait toujours. Le médecin imagina de lui faire avaler une page de l’Encyclopédie dans du vin blanc, pour remettre en mouvement les humeurs de la bile épaissie: il en résulta une évacuation copieuse; mais la tête était toujours horriblement pesante, les vertiges continuaient, le peu de paroles qu’il pouvait articuler n’avaient aucun sens: il resta deux heures dans cet état, après quoi on fut obligé de le faire confesser.
Deux prêtres se promenaient alors dans la rue des Récollets: on s’adressa à eux. Le premier refusa: « Je ne veux point, dit-il, me charger de l’âme d’un jésuite, cela est trop scabreux: je ne veux avoir à faire à ces gens-là, ni pour les affaires de ce monde, ni pour celles de l’autre. Confessera un jésuite qui voudra, ce ne sera pas moi. » Le second ne fut pas si difficile. « J’entreprendrai cette opération, dit-il; on peut tirer parti de tout. »
Aussitôt il fut conduit dans la chambre où le malade venait d’être transporté; et comme Berthier ne pouvait encore parler distinctement, le confesseur prit le parti de l’interroger. « Mon révérend père, lui dit-il, croyez-vous en Dieu? — Voilà une étrange question, dit Berthier. — Pas si étrange, dit l’autre; il y a croire et croire: pour s’assurer de croire comme il faut, il est nécessaire d’aimer Dieu et son prochain; les aimez-vous sincèrement ? — Je distingue, dit Berthier. — Point de distinction, s’il vous plaît, reprit le confessant; point d’absolution si vous me commencez par ces deux devoirs. — Eh bien! oui, dit le confessé, puisque vous m’y forcez, j’aime Dieu, et le prochain comme je peux.




Descritif :


L'oral préparé comprend des documents en ressources gratuites, une biographie de Voltaire, un exposé sur le siècle des lumières et un commentaire en trois axes avec une problématique et une ouverture. 
L'oral préparé se compose d'une série de 34 questions avec réponses dans le commentaire joint, la première série se rapporte à Voltaire ainsi qu'au siècle des lumières, les réponses sont dans la biographie et l'exposé joints en liens ressources gratuites  et la seconde   au passage à présenter en fonction des axes du plan de l'analyse jointe où vous trouverez les réponses pour préparer votre entretien. 




Les questions de l'entretien préparé se présentent ainsi :


Plan de l'étude :

  • Questions sur Voltaire et le siècle des lumières : 9 questions
  • Questions sur le passage à présenter  : 25 questions
  • I. Une relation. ( suppose le fait d'un récit réel ) :  10 questions
  • II - Un texte satirique  :  10 questions
  • III - la progression du récit :  5 questions






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire